2022
Lean Design en production : Inverser le storyboard pour garantir le ROI
Pallier une contrainte budgétaire en construisant la campagne autour de Stock rushes, et livrer un dispositif d'acquisition générant plus de 2 000 leads.
Le point de départ n'était pas une intention créative mais un résultat de laboratoire : le revêtement PLATINUM résiste cent fois mieux que ne l'exige la norme EN166, mesuré par un organisme indépendant. Le budget disponible, lui, ne permettait pas de tourner en décors naturels dans les trois environnements industriels retenus. Toute la direction artistique découle de cette équation : rendre visible une performance de traitement de surface, sur trois terrains extrêmes, sans y aller.
Bollé Safety X EO Production
Direction Artistique - Creative Manager
Notoriété & Campagnes Créatives, Assets de croissance
Lire le rapport de test avant d'écrire une ligne
J'ai demandé à être intégré à l'équipe produit et qualité qui analysait les données du laboratoire. Ce n'était pas une précaution de forme : un argument de résistance ne se traduit pas en message sans comprendre ce que le test mesure exactement, dans quelles conditions et par rapport à quel seuil. Sans cette étape, on produit une approximation qui se retourne au premier interlocuteur technique.
C'est une constante de ma façon de travailler, et elle a une conséquence organisationnelle : je ne peux transformer un fait en récit que si l'on m'associe aux discussions où ce fait se construit, pas seulement à celles où il se diffuse.
Tourner sans décor, sans que cela se voie
Le budget interdisait les tournages en environnement réel. J'ai donc construit le storyboard à l'envers de la méthode habituelle : en partant de plans achetés en banque d'images, sélectionnés d'abord, et en écrivant ensuite la mise en scène qui pourrait s'y raccorder.
Cette contrainte a produit la décision la plus structurante du projet, celle des intentions de cadrage. Il fallait des valeurs de plan capables de parler d'un revêtement de verre, donc proches, tout en restant raccordables à des plans larges achetés dont je ne maîtrisais ni la focale ni la lumière. Chaque cadre a été pensé comme une charnière entre ces deux contraintes.
Avec notre photographe Frédéric Bourcier, nous avons reconstitué en studio des éléments de décor volontairement partiels, juste assez pour réinscrire le modèle dans un environnement cohérent avec les plans achetés. L'objectif n'était pas de recréer un chantier, mais de fournir au raccord le minimum dont il avait besoin.
Trois univers chromatiques comme grille de lecture
Pour que les trois terrains restent distincts sans multiplier les codes, j'ai attribué à chacun un registre chromatique dicté par sa condition physique. Le froid et l'humidité de l'éolien en couleurs froides. La chaleur et la transpiration de la construction en couleurs chaudes. La mine souterraine en environnement sombre, avec la contrainte inverse des deux autres : le modèle devait s'en détacher, ce que le vêtement haute visibilité, norme sur ces sites, permettait d'obtenir sans artifice.
Cette grille a servi de cadre de délégation. Les consignes de stylisme sont restées volontairement ouvertes, les plans achetés n'exigeant pas de raccord vestimentaire complexe, mais la cohérence chromatique de chaque univers n'était pas négociable. C'est le principe que j'applique quand je délègue : contraindre ce qui porte le sens, libérer le reste.
Un casting proposé au centre, tranché en région
J'ai établi les shortlists de casting pour les trois régions, puis laissé le choix final à chacune. Un visage crédible sur un chantier américain ne l'est pas nécessairement sur un site minier australien, et cette appréciation appartient à ceux qui connaissent le terrain. Le centre garantit la cohérence de la sélection, la région valide la crédibilité locale.
Sur le plateau, arbitrer dans l'instant
J'ai co-dirigé le tournage avec le directeur de production d'EO Production et notre photographe. Mon rôle y était double : tenir les codes de marque, et trancher les adaptations rendues nécessaires par les aléas de production. Une direction artistique écrite ne survit au plateau que si quelqu'un peut décider sur place ce qui reste négociable et ce qui ne l'est pas.
Étalonnage, 3D et voix off
La direction artistique spécifiait les caractéristiques d'étalonnage, en particulier la séparation des trois univers colorés qui n'aurait pas tenu sans traitement homogène en postproduction. J'ai validé les images 3D produites d'après mes storyboards, les étapes de montage, et l'enregistrement de la voix off.
Ce dernier point n'était pas qu'un choix de ton. La voix off a été l'un des lieux du compromis interne entre le registre de la performance et celui de la preuve, arbitrage documenté dans l'étude de stratégie associée.
Le dispositif de conversion
Au-delà des films et des visuels d'awareness, la campagne devait alimenter une mécanique de free samples déclenchée par un formulaire de génération de leads. J'ai décliné les assets pour les deux temps du parcours, awareness puis considération, et produit l'ensemble du dispositif de conversion : une landing page, des trainings reprenant les données du rapport de test et les fiches techniques, un catalogue restreint aux produits équipés de la technologie, et le display destiné aux salons et aux points de vente distributeurs.
Le dispositif a généré un volume de leads qualifiés significatif pour les équipes commerciales, dont une part convertie en grands comptes.
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